Nirvana - Unplugged in New York (1994)

Nirvana - Unplugged in New York (1994)
MÔnsieur Kurt Cobain

Au crépuscule du mouvement grunge, Kurt cobain nous livre à titre posthume, un des plus grands albums live de tous les temps. Le concert de la consécration. Celui qui fera de Nirvana un des plus grands groupes des années 90 si ce n'est le plus grand. Le concert qui a réussi à faire passer Nirvana, de rock efficace, à un groupe composé d'excellents musiciens, aussi bons en acoustique qu'en électrique ( voire meilleurs ).

Qui pensait, après des albums comme Nevermind ou In utero, que Nirvana était autre chose qu'un groupe de rock grunge aux influences punk, qui amène des milliers de jeunes en mal de vivre, les faire pogoter pendant les concerts? Sûrement pas moi. Je ne connais pas assez Nirvana pour vous dire que ça n'était pas un peu cela tout dmême. Il ya eu sûrement de ces concerts où l'on hurle en entendant Smell like teens spirit, et où des fanatiques gueulent " Kurt Rape me ! " Entre deux chansons. Mais malheureux, si vous attendez de cet unplugged quelque chose dans ce goût-là, vous serez très déçus.

Ici, point de hurlements, de guitares saturées, ou de basse fracassée à la Paul Simonon. Un public sage, qui applaudit à la fin de chaque chanson, soufflé par la prestation du groupe. Nirvana est accompagné d'autres musiciens ( Cris et Kurt Kirkwood du groupe Meat Puppets et un violoncelliste), qui vont leur permettre d'élargir un peu plus une vision de la musique qu'on avait plus l'habitude d'entendre.

On ne peut pas dire que c'est un best of, en effet, peu de tubes ont été repris lors de cet Unplugged. Hormis Come as you are ou About a girl, qui ouvrent parfaitement l'album, on trouve surtout des chansons moins connues et puis pas mal de reprises. Where did you sleep last night qui finit l'album lorsque Kurt cobain est en train de perdre son souffle à hurler des MY GIRL pétrifiants, ou Jesus doesn't want me for a sunbeam et son harmonica sont de ces reprises qui vous font dire qu'elles sont beaucoup mieux réussies que les originales. Certaines sont tellement bien réussies que la plupart des gens croient en une composition. C'est le cas de The man who sold the world, dont la sublime interprétation en fait oublier les plus belles grimaces de Bowie.
Les trois autres reprises que sont Lake of fire, Plateau et surtout Oh me qui est d'un délice, que vous savourez lentement comme un fondant au chocolat qui vous coule au fond de la gorge, me laissent aussi pantois d'admiration.
Puis ce n'est pas tout. Si Nirvana ne reprennait qu'à merveille toutes ces chansons.. Mais ils ont rendu les leur d'une beauté glaciale. All apologies qui dans l'album studio est insupportable, est ici somptueuse. C'est egalement le cas pour About a girl ou le murmuré something in the way qui ferait même rougir de plaisir Buster Keaton.

Même si tout le groupe est à l'origine de ce chef d'oeuvre, mention spéciale à Kurt Cobain, qui là nous montre la plus belle prestation vocale de sa carrière. Une voix rocailleuse et envoutante comme on en fait plus. Là où elle était synonyme de révolte et de crachat à la face de la vie, elle est ici superbement humaniste. On arrive meme pas à croire que ce Kurt cobain là se suicidera peu de temps après tellement il semble serain, proche de son public, et incroyablement émouvant lorsqu'il chante. On a l'impression que son projet suicidaire qu'il avait prévu de faire depuis le début de sa vie va inaboutir. Malheureusement le futur en décidera autrement.

Je pourrais parler des chansons qui m'ont moins plu, mais ça n'en vaudrait pas la peine. Ce concert est parfait de bout en bout, critiquer quoi que ce soit serait inutile vu l'acabit de l'album. A écouter, A savourer, A se délecter. Ne vous emmerdez pas à choisir, tout est bon dans L'Unplugged in New-york.


Mes coups de coeur : Oh me, Pennyroyal tea, jesus doesn't want me for a sunbeam, All apologies

Mes flops : Dumb ( à la rigueur.. )

# Posté le vendredi 19 janvier 2007 16:05

Modifié le dimanche 21 janvier 2007 16:21

Indochine - 7000 danses (1987)

Indochine - 7000 danses (1987)
Le chanteur ne fait pas tout..

Je n'ai jamais vraiment beaucoup aimé Indochine. Pour tout dire, je ne connaissais pas vraiment. A part les deux derniers albums, consternants d'arrogance et de textes kitchs et gothiquo-rebelles, et les tout premiers tubes un peu naïfs ( L'aventurier et 3e sexe ), ma culture indochinoise était très peu développée. Et je n'avais pas très envie de la faire évoluer.
Puis après quelques écoutes sur Radioblog un peu au hasard, quelques chansons ont attiré mon attention, et l'envie d'en apprendre plus sur Indochine est venue. Je suis allé à la médiathèque donc, avec 7000 danses.

Après la periode new-wave gentillette, Indochine nous sort un album plus sombre, moins accessible, et donc beaucoup moins rentable.

Alors ne vous inquietez pas, cet album a la plupart des défauts d'Indochine, entre autre dus à son chanteur. Nicola sirkis, il faut le dire, ne sait pas chanter. C'est faux la plupart du temps. Certains me diront " Mais c'est un effet de style ! C'est voulu, c'est justement ce qui donne du charme à Nico ". C'est peut-être voulu, mais c'est franchement pas agréable. On a l'impression, et notamment sur 7000 danses, d'entendre un gamin de 7-8 ans gueuler des chansons qu'il a inventé. Alors ça fait plutôt rire. Sur certaines chansons, l'exagération est poussée à l'extrème, Il y a un risque ( le mépris ), donne vraiment envie de foutre des baffes à Nicola Sirkis. Puis donc les textes. Nicola sirkis, en plus de ne pas savoir chanter, ne sait pas non plus écrire. Petit exemple tiré de la chanson un grand carnaval : Un pas en avant des pieds de nez
des grimaces et des menaces
accroche-toi à moi et moi et moi aussi
je n'y comprends plus rien.


Nous non plus nous n'y comprenons plus rien à vrai dire. Même une chanson voulant etre explicite, les tzars , qui semble être politiquement engagée, est difficilement compréhensible.

Malgré ces défauts propres à Indochine, auxquels je m'attendais, 7000 danses est une des plus grosses surprises musicale de cette année.

L'album commence même particulierement bien grâce aux trois premieres chansons.
Tout débute par un très asiatique et très surprenant La buddha affaire. Première jouissance, Nicola Sirkis ne chante pas. Ensuite, l'instrumentation légère et subtile et cette ambiance très orientale dépayse totalement nous donne une introduction entièrement musicale très réussie.
Cette ambiance, on la retrouve dans tout l'album. Une sonorisation extrèmement fraiche, un stephane Sirkis au jeu de guitare très aérien et de nombreux instruments qu'on a pas l'habitude d'entendre, comme la flûte de pan. Rien à voir avec l'instrumentation pompeuse des derniers albums. Cet album aux délires un peu ushuaïesques nous fait vraiment divaguer et sortir de notre univers. Des chansons comme 7000 danses ou la chevauchée des champs de blé ( malgré son titre ridiculement lyrique ) sont à écouter nus dans des rizieres au Vietnam lorsque la rosée matinale apparaît.
Mais la palme revient de force à la sublime Les citadelles, au riff de guitare si entraînant, et où Nicola Sirkis chante relativement bien. Cette chanson est assurément ma préférée du groupe, peut-être parce qu'elle tranche radicalement avec ce que fait en général Indochine.

Hormis certaines chansons dispensables ( Il ya un risque, un grand carnaval ), par leur ton un peu trop caricatural, et en faisant abstraction de la voix de Sirkis et des paroles parfois un peu niaiseuses et sybillines, ( l'un n'empêchant pas l'autre ), 7000 danses est un très bon album qui remonte largement Indochine dans mon estime.

Puis, j'ai beau difficilement supporter nicola Sirkis, il ne m'a jamais parut aussi sympathique que sur cet album. Jusqu'à ce que je dise qu'il est un grand chanteur, il faut tout de même attendre un peu.

# Posté le vendredi 26 janvier 2007 12:14

U2 - Achtung Baby ( 1991 )

U2 - Achtung Baby ( 1991 )
Electro choc

Pour réaliser la chronique de cet album, je vais me mettre dans la peau du type qui suit U2 depuis leur début, et qui va acheter Achtung Baby en ayant All i want is you en tête.
Considéré comme l'un des deux chefs d'oeuvre de U2 avec The Joshua Tree, Achtung baby entame les 90's comme un boulet de canon, un deuxième groupe vient de naître.

Avant d'acheter l'album, le fan virevoltant de U2, sortant d'une décennie particulièrement réussie, ou le groupe a réalisé tous ses fantasmes sonores, il voit qu'un nouveau single va sortir, The fly. Le fan se dit, quel beau titre, la mouche qui représente le vol, le ciel, la liberation du corps et de l'âme.. La chanson doit être magnifiquement lyrique, ça promet un superbe Joshua tree 2. Puis le fan écoute la chanson. Et le voilà tout déboussolé. Car oui, comme le dit si bien The Edge, The Fly, c'est le boulot de 4 mecs qui scient le joshua tree. Et ça s'entend, après un riff percutant de guitare joint à de l'électronique, s'ensuit une chanson extrêmement déroutante. Il faut un temps d'adaptation. Moi même j'ai eu beaucoup de mal avec cet album. Je me forçais à l'écouter parfois en me disant " Merde c'est Achtung Baby quand même ! " Mais ce temps écoulé, on apprécie toutes ses facettes particulièrement séduisantes, son mixage exceptionnel, et surtout la qualité intrinsèque de chaque chanson. U2 semble être devenu perfectionniste. C'est l'album ou the Edge nous a sorti le plus de vrais solos. Et j'avoue, que même si je peux m'en passer largement, ça fait vraiment du bien. Alors bien sûr il ya le solo de The Fly, qui est sûrement la chanson la plus complète de l'album. Mais également Until the end of the world, l'une des plus poignantes qui propose un solo assez terrifiant, puis Even Better Than The Real Thing qui n'a rien à envier aux deux autres.

Etrangement, cet album, considéré comme un des meilleurs du groupe ( pas le plus rentable, malheureusement All that you can't leave behind a pris le dessus quant aux nombre de ventes ), est pourtant très sombre. Sous quelques airs enjoués ( Notamment le fabuleux funky Mysterious ways ), se cache un véritable puit de souffrances, souvent liés à l'amour. Essayez de ne pas vous suicider en écoutant la mélancolique Love is blindness, qui cloture de la plus mystique des façons cet album.
Puis parlons de One. Cette chanson, au niveau musical, tranche radicalement avec le reste de l'album, on peut même rester un peu sur sa faim. D'ailleurs, elle ne m'inspire plus tellement depuis le temps. Mais les paroles, bien que niaises dans le fond, ont souvent été citées comme les plus belles jamais écrites dans le monde du rock. Parlant encore de rupture et d'amour passionnel, One n'est peut-être pas pour rien la chanson la plus vendue et la plus reprise du groupe. Au grand dam de ses fans parfois (NDLR Mary J.Blige ).
Achtung Baby regorge de perles, memes les moins connues des chansons, ont un intêret fabuleux, si on s'y attarde un peu. Zoo station qui ouvre l'album, est l'une des plus électroniques du groupe, et prend tout son charme en live ( notamment la sublime version du ZOO TV ). Elle reste l'une des chansons majeures de cet opus. Puis je voulais surtout parler d'Acrobat, une chanson magnifique, emplie de son aériens qui lui donne un aspect magique auxquels on ne peut pas résister.

Bon j'avoue il ya deux titres qui me semblent plus anecdotique, en milieu d'album, Who's gonna ride your wild horses, où la musique amplifie le côté niais des paroles, et So cruel qui, il faut le dire, est chiante.

Mais on ne va pas chipoter, cet album est grandiose, Flood et Bryan Eno ont été vraiment au rendez-vous pour une production impeccable. Un nouveau u2 des grands jours, qui me fait de plus en plus regretter de ne pas être né plus tôt..

Mes coups de coeur : Until the end of the world, Zoo Station, The fly, Mysterious Ways, Acrobat
Mes flops : Who's gonna ride your wild horses, So cruel

# Posté le vendredi 09 février 2007 14:51