Au crépuscule du mouvement grunge, Kurt cobain nous livre à titre posthume, un des plus grands albums live de tous les temps. Le concert de la consécration. Celui qui fera de Nirvana un des plus grands groupes des années 90 si ce n'est le plus grand. Le concert qui a réussi à faire passer Nirvana, de rock efficace, à un groupe composé d'excellents musiciens, aussi bons en acoustique qu'en électrique ( voire meilleurs ).
Qui pensait, après des albums comme Nevermind ou In utero, que Nirvana était autre chose qu'un groupe de rock grunge aux influences punk, qui amène des milliers de jeunes en mal de vivre, les faire pogoter pendant les concerts? Sûrement pas moi. Je ne connais pas assez Nirvana pour vous dire que ça n'était pas un peu cela tout dmême. Il ya eu sûrement de ces concerts où l'on hurle en entendant Smell like teens spirit, et où des fanatiques gueulent " Kurt Rape me ! " Entre deux chansons. Mais malheureux, si vous attendez de cet unplugged quelque chose dans ce goût-là, vous serez très déçus.
Ici, point de hurlements, de guitares saturées, ou de basse fracassée à la Paul Simonon. Un public sage, qui applaudit à la fin de chaque chanson, soufflé par la prestation du groupe. Nirvana est accompagné d'autres musiciens ( Cris et Kurt Kirkwood du groupe Meat Puppets et un violoncelliste), qui vont leur permettre d'élargir un peu plus une vision de la musique qu'on avait plus l'habitude d'entendre.
On ne peut pas dire que c'est un best of, en effet, peu de tubes ont été repris lors de cet Unplugged. Hormis Come as you are ou About a girl, qui ouvrent parfaitement l'album, on trouve surtout des chansons moins connues et puis pas mal de reprises. Where did you sleep last night qui finit l'album lorsque Kurt cobain est en train de perdre son souffle à hurler des MY GIRL pétrifiants, ou Jesus doesn't want me for a sunbeam et son harmonica sont de ces reprises qui vous font dire qu'elles sont beaucoup mieux réussies que les originales. Certaines sont tellement bien réussies que la plupart des gens croient en une composition. C'est le cas de The man who sold the world, dont la sublime interprétation en fait oublier les plus belles grimaces de Bowie.
Les trois autres reprises que sont Lake of fire, Plateau et surtout Oh me qui est d'un délice, que vous savourez lentement comme un fondant au chocolat qui vous coule au fond de la gorge, me laissent aussi pantois d'admiration.
Puis ce n'est pas tout. Si Nirvana ne reprennait qu'à merveille toutes ces chansons.. Mais ils ont rendu les leur d'une beauté glaciale. All apologies qui dans l'album studio est insupportable, est ici somptueuse. C'est egalement le cas pour About a girl ou le murmuré something in the way qui ferait même rougir de plaisir Buster Keaton.
Même si tout le groupe est à l'origine de ce chef d'oeuvre, mention spéciale à Kurt Cobain, qui là nous montre la plus belle prestation vocale de sa carrière. Une voix rocailleuse et envoutante comme on en fait plus. Là où elle était synonyme de révolte et de crachat à la face de la vie, elle est ici superbement humaniste. On arrive meme pas à croire que ce Kurt cobain là se suicidera peu de temps après tellement il semble serain, proche de son public, et incroyablement émouvant lorsqu'il chante. On a l'impression que son projet suicidaire qu'il avait prévu de faire depuis le début de sa vie va inaboutir. Malheureusement le futur en décidera autrement.
Je pourrais parler des chansons qui m'ont moins plu, mais ça n'en vaudrait pas la peine. Ce concert est parfait de bout en bout, critiquer quoi que ce soit serait inutile vu l'acabit de l'album. A écouter, A savourer, A se délecter. Ne vous emmerdez pas à choisir, tout est bon dans L'Unplugged in New-york.
Mes coups de coeur : Oh me, Pennyroyal tea, jesus doesn't want me for a sunbeam, All apologies
Mes flops : Dumb ( à la rigueur.. )


